Ses bateaux

Pen Duick: un bateau familial né en Ecosse.

Guy Tabarly, le père d'Eric achète Pen Duick en 1938 à la famille Lebec de Nantes. C'est l'époque en France de la naissance de la plaisance et les yachts sont très peu nombreux.

Pen Duick courrera régulièrement jusqu'en 1921. Cinq années sur une vasière pendant la guerre imposeront d'importants travaux en 1948 pour continuer à naviguer. Eric le rachète en 1952. S'engageant dans la marine en 1953, ses maigres économies ne suffiront pas à réparer le bateau. Eric utilisera la coque comme moule pour réaliser une coque neuve en fibre de verre. Pen Duick naviguera de 1959 à 1963, et après une longue interruption, reprendra la mer en 1989 après une rénovation complète.


Pen Duick est la propriété de la famille Tabarly. Soigneusement désarmé, passant l'hiver sous un hangar de Bénodet, il est mis à l'eau chaque printemps sous la houlette de Jacqueline et Marie Tabarly. En cours de saison, le bateau participe aux nombreux rassemblements de la " belle plaisance " en Bretagne. Il pousse parfois jusqu'en Méditerranée pour courir, avec les bateaux de sa race, les régates de Cannes et de Saint-Tropez.  

Pen Duick II: coup de projecteur sur un solitaire.

En 1964, à bord de Pen Duick II, Eric Tabarly remportera l'OSTAR, la transat en solitaire. Il sera vendu en 1966 à l'école de voile de Beg Rohu. En 1993 le directeur, M.Thiolat décide de sauver le bateau qui pourrit lentement dans la cour de l'école où il est exposé. Après une refection complète de sa coque, Pen Duick II, à neuf, dans sa configuration d'origine peut reprendre la mer. L'Ecole Nationale de Voile le fait depuis naviguer régulièrement. 

Pen Duick III: le meilleur sur les 5 océans.

Pen Duick III est destiné aux courses régies par la règle de la jauge R.O.R.C.

1967 fut une année exceptoinnelle: sept places de 1er sur sept courses dont le Fasnet et Sydney-Hobart. Il aura une longue carrière avec différents gréements. Confié à Philippe Poupon pour la 1ère Route du Rhum, à Patrick Tabarly pour Lorient-Les Bermudes-Lorient puis à Eric Loizeau pour la Whitbread 74-75 et enfin à Jean-François Coste pour le 1er Vendée Globe Challenge. 

Pen Duick IV : visionnaire et mal chanceux.

Fort de son succès en 64, Eric veut marquer les esprits et engager un bateau évolutionnaire en 1968, le convoyage d'un trimaran en 1966 le convainc que c'est un multicoque qui remportera la Transat de 68.

Eric met en chantier son trimaran de 20,80 mètres de long et 10,70 mètres de large pourvu d'une voilure de 107m2. Dans la période troublée de Mai 68, Eric tente peaufiner sa préparation mais le temps lui manque pour être fin prêt le 1 er juin pour le départ de Plymouth. Le sort va priver  Eric de compétition. Eric s'engage dans la course après avoir marqué les esprits en parcourant 150 milles en 9 heures soient 17 noeuds de moyenne. Le breton sera contraint d'abandonner la course après un abordage d'un cargo et une avarie de pilote irréparable. Pen Duick IV gagnera bien la Transat mais en 1972 aux mains d'Alain Colas, cet  équipier d'Eric ayant racheté le bateau prouvera la pertinence technologique de l'engin.

Pen Duick V : la transpacifique express.

Pen Duick V est conçu pour la course en solitaire San Francisco-Tokyo dont le reglement impose seulement une longueur maximum de 35 pieds (10,67m). Doté de ballasts latéraux pour augmenter la stabilité du bateau tout en diminuant son lest et en allégeant aux allures portantes il est l'ancêtre des 60 pieds d'aujourd'hui. Il gagne la course en 39 jours et 16 heures. Pen Duick V est actuellement propriété du Musée National de la Marine.

Pen Duick VI : un maxi à bout de bras.

Pen Duick VI est destiné aux courses régies par la règle de jauge I.O.R et en particulier à la première Whitbread de 73-74. deux démâtages lui enlèvent tout espoir dans cette course. Certainement un des meilleurs bateaux I.O.R de son époque, il s'est rattrapé par la suite en gagnant, en particulier le Triangle Atlantique 75. EN 1976, Eric Tabarly gagne avec lui la Transat anglaise en solitaire (OSTAR)

Paul Ricard: histoire d'un record.

Eric sait que la voie tracée par Pen Duick IV est la bonne, après moulte démarches il met en construction un grand oiseau d'aluminium de 16m50 dont les hydrofoils permettent au bateau de sortir de l'eau pour "planer". Financement oblige, monsieur Paul Ricard vient soutenir Eric et Pen Duick VII sera baptisé du nom de son mécène. Ce nouveau bateau va participer à la transat en double Lorient/ les Bermudes / Lorient. Paul Ricard sur lequel Eric a embarqué avec Marc Pajot vire en tête aux Bermudes mais sera rattrapé inexorablement par le trimaran VSD faute de voiles en bon état pour finir la course à plein régime. Une victoire sur le fil de 5 minute et 42 secondes pour VSD. Eric victime d'une mauvaise chute à Ski ne peut pas prendre le départ de la Transat 1980 au cours de laquelle  Marc Pajot le remplacePour le chemin de retour vers l'Europe Eric embarque Eric Bourhis et Georges Calvé ainsi que le cameraman Dominique Pipat afin de graver sur bobine la tentative de record de traversée de l'atlantique. Eric sait que la record détenu par Charlie Barr depuis 1905 sur la goélette Atlantic en 12jrs 4hrs et 1 min est à sa portée. Parti le 21 juillet du phare d'Ambrose, Paul Ricard franchit la ligne d'arrivée au cap Lizard après une traversée en 10 jours 5 heures et 14 minutes.

Avec une technologie encore peu adaptée et tout à inventer pour gagner du poids, Eric Tabarly a prouvé  avec Paul Ricard que les bateaux transocéaniques pouvaient aussi voler

 

Source: Association Eric Tabarly